Aujourd’hui Joé Seeten nous propose la « check list » de l’énergie à bord.
C’est un paramètre capital qui demande beaucoup d’attention.
Faire un inventaire de tous les appareils électriques et électroniques du
bord en relevant la puissance de chacun d’eux.
Ceci permettra:
- D’évaluer la consommation électrique sur 24h.
- De dimensionner la section des câbles électriques.
- Mettre en place les sources d’énergie.
Une fois la puissance des appareils relevée, il faudra estimer le temps de fonctionnement quotidien de chacun d’eux. En additionnant l’ensemble de ces consommations, on en déduira le besoin en énergie quotidienne en Ah (ampère heure) ou Wh (watts heure).
Evaluer la possibilité de réduire la consommation électrique afin d’éviter
de sur dimensionner le parc de batteries ainsi que les sources d’énergie (ce
qui conduira à une installation électrique moins coûteuse et moins encombrante).
L’optimisation peut permettre de réduire de moitié la consommation électrique
quotidienne, parmi les optimisations possibles, on pourra citer :
- PC (ordinateur) basse consommation (possibilité de consommer 2x moins).
- Utilisation de lampes fluocompactes pour l’éclairage intérieur (consommation réduite par un facteur de 5 à 10).
- Utilisation de lampe à leds pour les feux de route (consommation réduite par 10).
- Utilisation de câbles de section adaptée pour limiter les pertes de courant.
La batterie devra être en mesure de stocker l’énergie nécessaire au fonctionnement
du bateau de plaisance pendant une durée de 24h.
Il faut noter que la capacité qui apparaît sur l’étiquette de la batterie n’est
pas la capacité disponible, ainsi en fonction du type de batterie :
- Les batteries de démarrage ne peuvent pas être déchargées de plus de 20%.
- Les batteries de servitude liquides ne peuvent pas être déchargées à plus de 50%.
- Les batteries AGM et gel peuvent être déchargées jusqu’à 80% voir 100%.
En mettant en place des batteries gel ou AGM, vous disposerez des avantages suivants :
- Encombrement réduit par rapport à un parc de batterie classique.
- Sulfatation nettement réduite
- Temps de charge réduit
- Dégagement gazeux et donc perte d’électrolyte réduite.
Exemple : si la consommation du bord est de 100 Ah, il faudra mettre en place un parc de batterie de 100/0,8 soit de 125 Ah. A noter que la mise en parallèle de batteries pour atteindre la capacité cible ne pose pas de problème à condition qu’elles soient de même technologie et de même vétusté.
Parmi les sources de courant qui peuvent être mises en place:
- Eolienne. Hydro générateur
- Alternateur et booster d’alternateur.
Afin de disposer de toute la capacité du parc de la batterie, il est
nécessaire de s’assurer que le régulateur de charge respecte un cycle de charge
en trois phases comme présenté dans le schéma ci-dessous :

Si le régulateur ne respecte pas ce cycle de charge:
- La batterie ne sera jamais rechargée à plus de 80%
- Le temps pour atteindre ces 80% de charge est beaucoup plus important.
- La durée de vie de la batterie se trouve réduite (sulfatation)
Un régulateur de base utilise uniquement une valeur de tension et coupe la
charge dès que cette valeur est atteinte. Sur un panneau solaire cela peut conduire
à la non recharge de la batterie alors que l’énergie serait disponible pour
la recharger.
Quelle que soit la source de courant utilisée il est possible de proposer
des régulateurs respectant ce cycle de charge en trois phases.
Afin d’éviter les pertes de courant et tout risque de surchauffe des fils
électriques, il est fondamental de mettre en place la bonne section de fil électrique.
Cette section dépend à la fois de la longueur du câble et de l’intensité qui
circulera dans celui-ci
comme le montre le tableau ci-dessous.

Il faut avoir une vue précise sur l’état de charge de la batterie. Il est nécessaire de mettre en place un compteur d’ampère heure. Cet équipement permet d’avoir une visibilité permanente sur les ampères qui entrent et qui sortent de la batterie. Une mesure de tension donne une idée de la charge seulement si la batterie est laissée au repos plus de 8h est par conséquent inexploitable en navigation.
Transforme l’énergie mécanique en énergie électrique.
Il est nécessaire de connaître son débit ainsi que sa courbe de charge, ce qui permettra d’évaluer le temps d’énergie mécanique (moteur) à fournir par jour de navigation.
Avant chaque départ, la motorisation du bord demande quelques faveurs.
Une vérification des filtres gasoil avec purge des réservoirs, une vidange huile + filtre
Tension des courroies, transmission, butée de ligne d’arbre, presse étoupe sont les 1ers gestes de bonne conduite.
Sur de l’offshore le nombre d’heures moteur jour représente (nombre de litre de gasoil / jours) x par le temps de navigation. Ex : un 60’ Vendée globe embarque en 2004, 300 litres de gasoil
Petit conseil :
Les professionnels peuvent intervenir et vous garantir une prestation,
mais une fois au large il est parfois utile d’avoir quelques connaissances
sur les différents paramètres de l’énergie embarquée…
Bonne réflexion et à très bientôt sur l’eau !
Joé
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